vendredi 19 juillet 2013

Défends tes droits !

La liberté guidant le peuple - Delacroix
Pour exercer ta profession de charlatan en toute sérénité, tu dois conquérir et préserver des droits qui te permettront :
  • d'étendre le champs de tes activités, y compris à des pathologies lourdes pour lesquelles tu es incompétent,
  • de ne pas devoir répondre devant la justice des conséquences de la dangerosité de tes méthodes.


Tu t'en doutes, si tu annonces franchement :
"Je veux avoir le droit :
  • de prendre un maximum de pognon aux malades,
  • de leur raconter des bobards pour leur faire croire que je peux les aider,
  • quitte à les mettre en danger,
  • sans me faire emmerder par les proches,
  • et sans avoir à rendre des comptes à un juge !",
ce n'est pas très vendeur.
Tu dois apprendre à présenter les choses plus habilement.
 



Pour cela, le mieux est de motiver le public à militer pour l'obtention de modifications de la législation qui te seront favorables. Pour ce faire, tu dois persuader l'opinion publique que ce sont les libertés individuelles fondamentales qui sont en jeu, et non pas tes intérêts corporatistes. Ainsi, les gens signeront bien volontiers tes pétitions s'ils sont convaincus qu'elles ont pour objet la défense de leurs droits et libertés.
Je te propose de visionner attentivement cette vidéo : deux experts en lobbying nous montrent comment tenir un discours aux allures altruistes dans le but d'obtenir des assouplissements de la loi favorables aux dérives thérapeutiques et sectaires. Cette vidéo est longue, mais tu y trouveras largement de quoi t'inspirer !



Résumons maintenant les points essentiels de cette vidéo et les leçons à en tirer :
La première demi-heure est l’interview de Sylvie Simon par le Dr. Edouard Broussalian ; elle y présente son dernier livre "Ordre et désordre, quand la médecine de bon sens se heurte au harcèlement administratif", dans lequel elle dénonce le fonctionnement du Conseil de l'Ordre des Médecins. Sylvie Simon, journaliste, est connue pour ses positions militantes contre la vaccination, pour les "médecines douces", et contre les mesures de lutte et de prévention contre les sectes organisées en France.


Edouard Broussalian, médecin homéopathe, est notamment connu pour ses positions anti-vaccination.


Edouard Broussalian et Sylvie Simon ont tous deux collaboré à la revue "Votre Santé".


Homéo Web TV est présentée comme une chaîne de web-télévision indépendante financièrement et animée par des passionnés. Suffisamment passionnés pour doter leur chaîne de moyens techniques et de locaux de bon standing. Cette chaîne dépend du site Planète homéo du Dr. Edouard Broussalian.  
Quels que soient les moyens financiers, techniques et humains dont tu disposes, présente-les comme le résultat des modestes dons et de l'engagement de quelques citoyens conscients et impliqués. Les gens comprendront que la source de tes moyens est irréprochable.
Il importe de bien te différencier du lobbying de ton adversaire Big Pharma, financé, lui, par l'argent d’un odieux trafic, celui de la vente de médicaments.


Comme Sylvie Simon, tu peux déclarer que "le système est à vomir",et qu’ "on rend les gens malades". Comme elle, tu peux estimer que la partie disciplinaire du Conseil de l'Ordre ne protège pas les malades, mais sanctionne les médecins dissidents. Tu peux affirmer que les médecins dissidents sont sanctionnés alors qu'ils auraient guéri des malades par des moyens non conventionnels et que ce qui leur serait reproché ne serait pas l'évolution de l'état de santé des patients mais les moyens employés pour les guérir.
Il faut faire croire que des personnes dénoncent un médecin qui les a guéris par des moyens non conventionnels et non à cause de la dégradation de leur état de santé. Toi aussi, tu peux dire que les plaintes émanent de "faux malades"... en espérant que personne ne te demande d'expliquer ce que sont des "faux malades". Est-ce que les patients qui dénoncent le médecin qui prétend les avoir guéris n'étaient en réalité pas malades ? Il y aurait alors eu un "faux diagnostic"...


En réalité, bon nombre de thérapeutes déviants échappent aux sanctions du Conseil de l'Ordre des médecins, soit parce qu'ils n'ont aucune formation médicale, soit parce qu'il s'agit d'ex-médecins qui ont choisi d'être radiés de l'Ordre avant de se lancer dans leurs nouvelles activités. Mais taper sur le Conseil de l’Ordre est tellement pratique ! De plus, l’Ordre des Médecins a été créé par le gouvernement de Vichy : c’est idéal pour en donner une mauvaise image. Comme le souligne Edouard Broussalian, il n’ y a jamais eu de purge. C’est un peu comme si les décennies écoulées depuis n’avaient pas permis de changer quoi que ce soit. Ne te prive donc pas de faire référence à cette période trouble de l’histoire, cela contribuera à entacher l’image de cette institution.


Tout comme Edouard Broussalian et Syvie Simon, ne te prive pas de dénoncer la "pensée unique médicale", la "dictature".
A propos des étudiants en médecine et de leur formation, on les entend déplorer la présence de l'industrie pharmaceutique, l'absence de sens critique et de bon sens, le lavage de cerveau qui transforme les étudiants en perroquets. Selon Edouard Broussalian, il y a deux sortes d'étudiants :
  • ceux qui se sont lancés naïvement dans les études de médecine en voulant vraiment aider les autres, et qui face à la réalité de l'hopîtal qu'ils découvrent à l'issue de leur troisième année, "foutent le camp";
  • ceux qui restent, qui sont dangereux.


Que devons-nous donc penser de ceux qui persévèrent dans leurs études de médecine ? N'ont-ils pas envie d'aider les personnes malades ? Inutile de souligner le fait que M. Broussalian fait partie de ceux qui sont restés... En revanche, comme lui, tu peux qualifier ses étudiants de "Jedis", autrement dit, de guerriers-philosophes œuvrant pour le maintien de la paix et dotés de pouvoirs surnaturels... Cette poésie et cet engagement ne sont-ils pas émouvants ?


Le visionnage de cette vidéo nous apprend encore que la médecine est sous contrôle de l'industrie pharmaceutique, ce qui en fait une "industrie du crime". On nous dit aussi que le Conseil de l'Ordre est "infiltré" par l"industrie pharmaceutique, et que maintenant c'est encore pire puisque qu'un membre de la Miviludes siège au Conseil de l'Ordre. "Tout est pourri". Selon eux, le sigle AMM doit être compris, non pas comme Autorisation de Mise sur le Marché, mais comme Autorisation de Mise à Mort. Certes, c’est outrancier mais ça frappe les esprits, n’hésite donc pas à reprendre à ton compte ces propos.


Il est ensuite question du cancer. Les médecins sont en général prudents pour parler de guérison du cancer, ils parlent plus volontiers de rémission, de survie à 5 ans, de survie à 10 ans... Dans un récent article paru dans le magazine Le Point, on peut lire que la survie à 10 ans des malades varie de 1 à 93 % en fonction de la localisation de la tumeur primaire.
Mme Simon nous affirme que le taux de guérison des cancers n'excède pas 2% environ. Cela rappelle tout à fait le discours de Ryke Geerd Hamer, ex-médecin, qui s'est rendu célèbre par son approche si particulière du cancer.
Chacun se fera son idée sur la "douceur" de la "médecine" de Hamer et du “respect” avec lequel ses patients ont été traités. Ce chiffre de 2% peu porteur d'espoir, justifie pour Mme Simon, le recours à n'importe quelle thérapeutique. Selon elle, une personne atteinte de cancer étant condamnée à ne pas en guérir,  il  n'y a donc pas de problème à lui faire perdre des chances de guérison en la faisant passer à côté d'un traitement médical digne de ce nom.  Les notions de prolongement de la durée de vie, de qualité de vie et de prise en charge des douleurs sont éludées.


Il est fréquemment reproché aux thérapeutes déviants d'abuser de la faiblesse des personnes fragilisées par la maladie. A la notion d'abus de faiblesse, Sylvie Simon préfère opposer celle de liberté individuelle. Elle évoque en particulier la liberté de se faire soigner par un charlatan et de la liberté de se suicider en renonçant aux soins médicaux conventionnels et en recourant à des thérapies inefficaces .


Mme Simon estime aussi que l'appartenance d'un médecin à une secte ne devrait pas nous influencer et nous faire peur. Elle dit aussi que nous avons parfaitement le droit de léguer notre fortune à une secte, sans léser les enfants... elle oublie juste de nous expliquer comment on peut ne pas léser ses enfants si on lègue sa fortune à une secte.


A un moment aussi, la médecine conventionnelle est qualifiée de "médecine de garagiste". Les médecins, selon Mme Simon, se contentent de réparer ou remplacer un organe défectueux. Pourtant, pour une personne dont les reins sont défaillants, bénéficier de dialyses régulières, c'est le moyen de rester en vie. En quand la greffe d'un nouvel organe réussit, c'est la qualité de vie qui revient... Si tes auditeurs ne sont pas confrontés à de graves problèmes de santé, ils peuvent adhérer à ton discours méprisant sur la médecine.


Mme Simon s'insurge contre le projet de retirer aux médecins qui s'engagent dans des activités ayant peu à voir avec la médecine, le droit d'utiliser leur titre de docteur en médecine. Le titre de médecin est considéré par beaucoup comme une garantie d'éthique et de compétence. Et quand un médecin propose une approche thérapeutique radicalement différente, il peut être considéré comme un visionnaire, un médecin qui a une longueur d'avance. Bien sûr, ceux qui ont délibérément choisi d'abandonner la médecine pour pratiquer le charlatanisme sont susceptibles d’être plus dangereux que des charlatans non médecins, car ils ont plus de crédibilité auprès du grand public.


Les praticiens des différentes thérapies non conventionnelles devraient être solidaires les uns envers les autres pour défendre leurs droits. La défense du maintien du droit de se prévaloir du titre de médecin relève de cette solidarité.


Tu dois convaincre le public que les dispositifs destinés à assurer sa protection sont en réalité une entrave à ses droits fondamentaux. Idéalement, il faudrait faire disparaître de l’arsenal juridique tout ce qui relève de l’abus de faiblesse et de l’abus de confiance.

Concrètement, tu nommeras ton droit à pratiquer n’importe quelle thérapeutique “liberté thérapeutique”, tu expliqueras au public comment on cherche à le priver de cette liberté et tu lui feras signer des pétitions pour défendre tes droits... enfin ses libertés. De la même façon, pour défendre le droit d’un gourou de secte à dépouiller ses adeptes, tu opposeras la notion de consentement libre à celle d’abus de faiblesse.

Le mot "liberté" est irrésistible...


Les dons :

Au nom de la liberté, tu recueilleras des dons. Tu expliqueras que les thérapies non conventionneles sont menacées, que c'est pour défendre des libertés fondamentales, comme la liberté thérapeutique ou la liberté de conscience que tu rcueilles des dons.
 



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